
Membres du jury
Ursula Schregel (WDR), Hein Bruehl (WDR), Philippe Langlois (ACR - France Culture), Amuel Sighicelli (Compositeur), Philippe le Goff (Compositeur), Chrisine Groult (Compositeur - ENM de Pantin), David Jisse, Laurent Sellier (La Muse en Circuit).
Lauréats
Pascal Ayerbe, Elément Air(e)
Elsa Justel, L
Alessandro Bosetti, Everyday Objects
Patrick Dubost, Le tableau de Mendeleiev
Elainie Lillios, Speaking... again
Tomonari Higaki, Arbre de silence
Guillaume Beauron et Olivier Capparos, Liber
Elément air(e)
"De l'école élémentaire j'ai su garder un je ne sais quoi de, un petit bout de, un rien de courants d'air, je creusait profond au pays des idées mais... Rien ne venait. J'avais la tête en l'air, perdu dans les galeries de mon âme, les oreilles dans les yeux, la lune dans les mirettes, quand j'eus ce grand frisson, un zeff avec ses petits "ff"me traversa l'esprit".
"I must have kept from my elementary school a "je-ne-sais-quoi" of..., a week little bit of..., a nothing at all" of..., like a scrap. An element kept punching me around the body, piercing draughts throught me. I dug deep into the land of ideas but... nothing came up. I was scatterbrained, lost in the maze of my soul, listening with my eyes, dazzled by the moon, when I experienced this incredible shiver: a "zeff" with its tiny double "f" went through my mind".
Pascal Ayerbe
L
"Dans le but de trouver les origines du concept "d'élément", j'ai réalisé un recueil de textes en relation avec les concepts, mis en poésie par Lucrèce dans De rerum natura. Vous trouverez donc la nature des choses dans un mélange insomniaque des citations en parallèle. Ainsi depuis la naissance de la physique (Michel Serres), le pendule de Foucault (Umberto Eco) côtoie le nombre et le temps (Marie Louise Von Frans), assaisonnés par le tango, dans un dessein pour trouver la logique de l'élément (Francis Wolff)".
“I put together a collection of texts relating to epicurean concepts converted into poetry by Lucretia in "De rerum natura" with the intention of discovering the origins of the concept element. Therefore, you will find the nature of things through an insomnia-giving blend of parallel quotations. Thus, since "the birth of physics" (Michel Serres), "Foucault's pendulum" (Umberto Eco) rubs schoulders with "the number and the time (Marie Louise Von Frans), seasoned with tango, in the hope of finding "the logic of the element" (Francis Wolff).
Everyday Objects
“L'idée de cette pièce est née de réflexions sur le livre de Mario Perniola le sex appeal de l'inorganique. Les mots sont extraits d'enregistrements d'interviews de Chiyoko Szlavnics, Thomas Ankesmit et Derek Shirley. Leur signification au cours des interviews a pu changer radicalement. Je leur en suis dde toute façon reconnaissant pour leur charme
infini. “ "Est-ce que les objets ont des sentiments?... Au fait, j'oubliede quel objet il s'agissait. Je me souviens qu'il était dans une gare et qu'il a eu l'impression qu'il était devenu un des autres objets qui se trouvaient là. Je crois qu'il s'agissait d'un train. C'était quelque chose qui était physiquement là et tout près et... Il réalisa que ça n'était pas seulement l'impression laissée par une intense concentration sur cet objet pas plus que celle d'une imitation physique de l'objet. Mais il affirma qu'il eut véritablement l'impression qu'il était devenu un objet inanimé. Une grande fenêtre chauffée par le soleil. Il ajouta qu'il eut conscience de la différence qui existe devenir un autre objet et se concentrer sur lui ou l'imiter..."
The idea for this piece came out of relfections on Marion Perniola's book“ The sex appeal of the inorganic“. Words are taken from reccorded interviews with Chiyoko Szlavnics, Thomas Ankesmit and Derek Shirley. What they meant during the interviews may have changed radically. I’m grateful anyway for their infinite charm. “Do objects have feelings ?... and I gorget which object i twas – I remermber he was at a train station, and he felt that he became another object that was there. I think It was a train. It was something that was physically there, and was close, and… He didn’t just feel that he concentrated immensely on this object, and he didn’tfeel that he was only physically mimicking the object. But he claimed that he truly felt that he had become an inaminate object. A large window, warmed by the sun. He said he realised that there was a difference betweenbecoming another object and concentrating on it, or mimicking it…“
Alessandro Bosetti
Le Tableau de Mendeleiev
Le texte : une sorte de ready made littéraire, à partir du tableau des éléments atomiques de Mendeleiev. La structure : traduire, par la coulée du temps en stéréo, l’aspect visuel du tableau dans ses deux dimensions. Les outils : protools, utilisé simplement dans ses fonctions de découpe et mixage, plus un peu d’échantillonage. L’univers sonore et physique : tout vient de la bouche d’Elise Caron, et plus avant s’un bruit blanc. Le contexte : la grande imagerie du Big Bang.
Les premiers phénomènes, sortis d’unités sonores plus infimes encore, composent les mots “hydrogène“ et “hélium“, puis jonglent jusqu’à composer d’autres atomes, et les premiers bouts de phrases, premiers objets (mobylette), premiers bruits de bouche élargie, premières propositions humaines et pour finir : ce chaos mâtiné d’ordre qui nous entoure. A l’issue, tout retombe sur une question : est-ce la parole qui est dans le monde ou le monde qui est dans la parole ?
The text : some part of a literary prêt-à-porter inspired from Mendeleyev’s periodic table of elements. The structure : to translate through the passing of time in stere, the visual aspect of the two dimensional periodic table. The tools : protools, basically used for cuttingand mixing as well as some sampling. The sound and physical space : il all comes through Elise Caron’s lips further back from white noise. The background : the great imagery of the Big bang.
The first events, created from even more minute sound units, compose the words « hydrogen » and « helium . Then they juggle to compose more atomsas well as the first patches of phrases, the first objects (moped), the first wide-open-mouthed noises, the first human propositions and the grand finale : this chaos crossbred with ordre that
surrounds us. In the end, it all falls back to a question : is the word in the world or the world in the world?
Patrick Dubost
Speaking…again est une brève composition radiophonique basée sur une série d’entrevues de Don, un vieil ami de la compositrice. Au début de sa cinquantaine, Don a été confronté à un défi profond et inattendu qui a bouleversé sa vie. Là où bien d’autres auraient capitulé, l’attitude de Don, sa détermination et son refus de permettre à sa vie d’être dictée par un revers, constituent un modèle d’approche de l’existence.
Ainsi Don nous enseigne à ne pas considérer comme évidentes, même les choses les plus simples. Speaking…again is a ahort radiophonic composition based on interviews with Don, a long-time friend of the composer. Don experienced a profound, unexpected, life-changing challenge in his early 50’s. While others might have given up, Don’s outlook, determination, and refusal to allow setbacks to dictate his life, set an example for how we should all approach living. Further, Don teaches us not to take even the simplest thing for granted.
Elainie Lillios
Tout musicien lutte contre le silence tout le temps. Le silence ne naît jamais. Le silence est un univers infini et antérieur à la naissance cosmique. Il ne reçoit ni ne rejette rien. Lui-même solitaire, il ne peut cependant exister seul. Cette œuvre est un hommage à tous ceux qui luttent ou s’expriment contre le silence. Elle relate aussi les souvenirs de mes propres conflits. Mais le silence ne perd jamais. Car lorsque cette pièce sera achevée, « l’Arbre de silence » me privera de tout…
The musician fights against silence… all the time. Silence was never born. Silence is an infinite universe an dis prior to the birth of the cosmos. It does not receive or reject anything. Although solitary, it cannot exist on its own. This work is a tribute to all those who struggle against or express their opposition to silence. It also recounts the memories of my own conflicts. However, silence is never defeated. For when piece come to an end, the « tree of silence » will still deprive me of everything.
Tomonari Hihaki
Liber
Ils ont déjà travaillé ensemble, notamment pour l'atelier de création radiophonique de France Culture (La Cerisaie, Dits et fragments d'après A.P.Tchekhov, 2001). Avec la participation d'isabelle Hureau à la flûte.
Guillaume Beauron, born in 1981. Composer and musician, he also works as a sound engineer for documentary films Olivier Capparos, born in 1968. Composer and writer.