
Cartes Postales
Concert – hörspiel instrumental / Création
4 juin à 20h30
Champigny-sur-Marne - Espace Olivier Messiaen
Allégories des mémoires sonores du quotidien…
A partir des précieuses contributions des habitantes de Champigny, dons de leurs voix, de leurs chants, de leurs récits, de leurs témoignages, s’est constitué le trio proposé par Sébastien Béranger ; cartes postales uniques composées de ces voix et de leurs miroirs instrumentaux, comme autant de reflets des individualités rencontrées.
Cette richesse sonore se confronte à l’écriture musicale contemporaine et à l’interprète qui fait des méandres de ces voix féminines le joyau discret de son jeu instrumental. De cette confrontation naît une œuvre singulière et partagée : La Part féminine des voi(es/x) épistolaires…
C’est à partir d’un cheminement semblable que le compositeur américain Steve Reich (né en 1936) a produit l’un de ses chefs-d’œuvre Different Trains. La pièce se construit sur les voix d’une vieille gouvernante, d’un employé des wagons-lits et de survivants de l’Holocauste. Ces fragments de conversations servent de matériau musical et se développent à travers le quatuor à cordes. Volontairement inspirée des techniques du documentaire, cette œuvre fait le parallèle entre les wagons-lits New York/Los Angeles que le compositeur prenait étant enfant, et d’autres trains roulant à la même période en Europe vers les tristement célèbres camps de la mort.
Steve Reich, Different Trains
pour sons fixés et quatuor à cordes
Sébastien Béranger, La Part féminine des voi(es/x) épistolaires
pour sons fixés, alto, violoncelle et saxophone
Création / commande de La Muse en Circuit
Concert enregistré et diffusé sur France Musique - "Les Lundis de la contemporaine" (Arnaud Merlin)
Né à Reims en 1977, Sébastien Béranger réalise ses études musicales aux CNR de Reims et de Lille. Il entre par la suite dans la classe de composition au Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris (CNSMDP) et étudie avec Emmanuel Nunes, Michaël Levinas, Yann Geslin, Luis Naón et Michelle Réverdy. Il y obtiendra les prix d’analyse et de composition, ainsi qu’un cursus en nouvelles technologies appliquées à la composition.
Parallèlement, Sébastien Béranger obtient un DEA en esthétique et sciences de l’art à l’université de Lille III sur "Le spectre et la réalité acoustique générateurs d’échelles courbes dans la musique du XXe siècle" et un doctorat en musicologie à l'université de Nice (UNSA) sur "Les Espaces paramétriques dans la musique instrumentale depuis 1950", sous la direction d'Antoine Bonnet.
Premier lauréat de la Fondation Internationale Lili et Nadia Boulanger pour l'année 2001-2002, il gagne en 2001 le concours Opera Prima Europa (Italie). Il sera finaliste du concours Ton Bruynel 2003 (Pays-Bas), du II Concurso Internacional de Miniaturas Electroacústicas (Espagne). Sébastien Béranger remporte également une mention honorifique au 4rd Electro-acoustic Composition Competition Música Viva 2003 (Portugal) et un 2e prix au ZKM's International Competition for Electroacoustic Music 2006 (Allemagne). Il participe au 3e Forum International des Jeunes Compositeurs de l’ensemble Aleph et au Forum International Jeune Création du Nouvel Ensemble Moderne. En 2006, Sébastien Béranger obtient la bourse de
composition musicale de l’Académie des Beaux-Arts (Institut de France).
Sa musique a été jouée par Christophe Desjardins, par les ensembles Accroche Note, Alter Ego, Aleph, Assonance, 2e2m, par le quatuor Axone et l’Ensemble Intercontemporain, et a été notamment programmée dans les festivals Musica, Nuits Bleues, Nicephore Days, Gaudeamus Music Week…
Né en 1936 à New York, Steve Reich étudie le piano puis la percussion. Il obtient une licence de philosophie à la Cornell University.
Il étudie la composition avec le jazzman Hall Overton, puis avec William Bergsma et Vincent Persichetti à la Juilliard School (1958-61) où il fait la connaissance de Philip Glass. Il rencontre Darius Milhaud et Luciano Berio auprès de qui il étudie la composition.
Il rejette le surréalisme mais s'imprègne du jazz modal de Coltrane, et obtient, en 1963, son Master of Art. En 1964, il participe à la création de la pièce répétitive In C de Terrry Riley qui influence fortement son approche de la musique répétitive.
Il fréquente le San Francisco Tape Music Center et compose ses premières œuvres pour bandes magnétiques dont It's Gonna Rain (1965) basé sur le principe du déphasage graduel qu'il adaptera ensuite aux pièces instrumentales. De retour à New York en 1966, il fonde son propre ensemble, le Steve Reich and Musicians, qui va connaître un succès mondial. Il découvre la musique indonésienne à travers la lecture de Music in Bali de Colin McPhee. Reich fréquente alors les artistes plasticiens de sa génération tels que Sol LeWitt et Robert Smithson et se produit à la Park Place Gallery en 1966 et 1967. Il incarne alors la branche musicale du minimal art dont la pièce emblématique Pendulum Music, à mi-chemin entre sculpture sonore et performance. En 1969, Steve Reich et Philip Glass travaillent quelque temps avec Moondog qu'ils proclament alors « fondateur du minimalisme ».
Pendant l'été de 1970, Reich étudie les percussions africaines à l'Institut des Études africaines de l'Université du Ghana à Accra. Enrichi de cette expérience, il compose Drumming (1971-72), pour diverses percussions et voix, stade ultime de raffinement de la technique de déphasage et première apparition de la substitution des battements aux silances.
Il collabore avec la danseuse et chorégraphe Laura Dean puis travaille la technique des gamelans balinais Semar Pegulingan et Gambang à l’American Society for Eastern Arts à Seattle et à Berckeley.
De cette période datent Six Pianos (1973) puis Music for Eighteen Musicians (1976). En 1974, il rencontre sa future épouse Beryl Korot grâce à qui il redécouvre le judaïsme et apprend l'hébreu. De 1976 à 1977, il étudie à New York et à Jérusalem les formes traditionnelles de cantillation des textes sacrés hébraïques dont Tehillim (1981) sera l'écho. L'œuvre, composée sur des psaumes bibliques - tout comme Desert Music (1984) sur des écrits de William Carlos Williams -, témoigne d'un nouveau désir de Reich de travailler sur des textes.
À la fin des années quatre-vingt, Reich emploie à nouveau les bandes magnétiques notamment dans Different Trains, pour quatuor et bande, évocation des allers-retours en train de son enfance entre New York et Los Angeles et « d'autres trains » roulant en Europe vers les camps de la mort. Le nouveau mode de composition utilise les paroles de textes enregistrés pour générer le matériau instrumental.
Sa musique s’est progressivement éloignée du minimalisme. City Life (1995), pour instruments et samplers, marque une évolution dans l'utilisation technologique : deux claviers jouent en direct des fragments de paroles et des bruits urbains échantillonnés. Son inclination pour la musique ancienne (Pérotin) lui inspire Proverb (1995). Avec The Cave (1989-1993), conçu autour d'Abraham, père des trois religions monothéistes, et composé pour un ensemble instrumental accompagnant la projection d'une vidéo réalisée par Beryl Korot, Reich se lance dans la création multimédia. En 1994, il devient membre de l'American Academy of Arts. De 1998 à 2002, il compose Three Tales, opéra vidéo traitant de la domination technologique du XXème siècle à travers trois épisodes : le crash du Zeppelin en 1937 (Hindenburg), les essais nucléaires américains dans le Pacifique de 1946 à 1952 (Bikini) et la brebis clone conçue en 1997 (Dolly).
L'Ensemble 2e2m a été fondé en 1972. Depuis cette date, le sigle qui le désigne et qui signifie "études et expressions des modes musicaux" est devenu un acronyme - mieux, une devise, garante de pluralisme et d'ouverture. Car dès l'origine, la formation présidée par Paul Méfano a manifesté son refus des chapelles et des dogmes, préférant épouser au plus près les métamorphoses de son époque et, avant tout, traquer la qualité, même là où elle se love.
L'Ensemble 2e2m est aujourd'hui la plus ancienne formation française dévolue à la musique contemporaine : manière de dire qu'elle n'aura rien ignoré de ce qui s'est pratiqué depuis plus de deux décennies, ici ou ailleurs, dans le domaine du son vivant.
Plus important semble le fait que 2e2m ait porté son effort allègre sur toutes les générations de compositeurs sans omettre l'éventail de tous les styles. N'ayant jamais négligé le répertoire classique, moderne, et très récent, l'Ensemble a par ailleurs créé plus de six cents partitions.
Aussi impressionnant soit-il, ce nombre ne saurait dire l'originalité de la formation basée à Champigny. Bien avant d'autres, 2e2m a révélé au public nombre de compositeurs qui sont considérés comme essentiels aujourd'hui.
Soutenu par la Ville de Champigny-sur-Marne, le département du Val-de-Marne, la Ville de Paris, le Ministère de la culture et la Région Ile-de-France. L'Ensemble 2e2m est sur tous les fronts, soucieux que la diffusion des oeuvres s'inscrive dans le tissu social. La formation encourage de jeunes talents ce qui ne l'empêche pas de s'engager dans la redécouverte des oeuvres d'Alkan ou de Wyschnegradsky. Elle investit la scène lyrique, restitue la voix des compositeurs bâillonnés par l'Histoire (Klein, Ullmann) et fonde son propre label discographique 2e2m Collection - pour engranger et diffuser, ailleurs et autrement, les traces de son activité. Pour donner corps à ses rêves.
Pierre-Stéphane Meugé, saxophone
Jasmine Eudeline, violon
Armelle Cuny, violon
Delphine Millour, alto
Frédéric Baldassare, violoncelle
Coproduction La Muse en Circuit, Centre national de création musicale, Ensemble 2e2m
Ville de Champigny-sur-Marne. Remerciements chaleureux aux voix magnifiques et anonymes de ce projet, les Maison Pour Tous du Bois l’Abbé, Youri Gagarine et le Conservatoire Olivier Messiaen de Champigny-sur-Marne.
4 juin à 20h30
Centre Olivier Messiaen
4, rue Proudhon 94500 Champigny-sur-Marne
RER E Les Boullereaux-Champigny
Entrée libre sur réservation au 01 47 06 17 76