© Christophe Raynaud de Lage
ÉTUDES POUR CORPS ET DÉSACCORDS
Avec Daphné Biiga Nwanak, Julien Desprez, Roland Auzet et Wilfried Wendling.
UNE EXPÉRIENCE SCÉNIQUE OÙ LES CORPS, LES SONS ET LES IMAGES EXPLORENT LA RICHESSE DU DÉSACCORD.
Roland Auzet, Daphné Biiga Nwanak, Julien Desprez et Wilfried Wendling réunissent leurs langages dans une forme indisciplinée, à la croisée du théâtre contemporain, des musiques expérimentales, de la performance et des arts visuels. Leur rencontre ne cherche ni l’unisson ni la synthèse. Elle fait du désaccord un principe de composition : une manière d’accueillir des perceptions, des gestes et des pensées qui ne coïncident pas, mais s’enrichissent de leurs écarts.
UN LABORATOIRE DU VIVANT
Le projet se construit comme un laboratoire du spectacle vivant, au double sens du terme : un lieu d’expérimentation où les formes restent mobiles et un espace où le vivant — corps, voix, présence, accident, écoute — résiste à toute reproduction à l’identique. Le désaccord n’y désigne pas l’affrontement. Il devient une énergie relationnelle, un frottement fécond, une invitation à faire place à l’autre sans effacer sa différence.
QUATRE PRATIQUES, UN TERRAIN COMMUN
Roland Auzet, compositeur, percussionniste et metteur en scène, explore les circulations entre écriture musicale et dramaturgie. Son travail sur les instruments, les corps et les textes nourrit une scène conçue comme une partition mouvante, où chaque geste peut devenir événement sonore.
Daphné Biiga Nwanak engage un dialogue entre théâtre, chorégraphie et pensée des images. Dans Maya Deren, créée avec Baudouin Woehl, le corps devient un outil de perception, presque une caméra vivante. Son attention au regard, à l’adresse et au mouvement ouvre une autre façon de faire entendre les textes.
Julien Desprez fait de la guitare électrique, du geste et de la lumière les composantes d’un même dispositif. Son jeu rend visibles les tensions, les impulsions et les ruptures qui relient le son à l’effort physique. La musique devient ainsi une action scénique à part entière.
Wilfried Wendling déploie une écriture où électronique, poésie, images et dispositifs immersifs se transforment mutuellement. Erreurs salvatrices, à partir de Heiner Müller, et Imaginarium, avec Hélène Breschand, témoignent de son goût pour les collages, les espaces instables et les perceptions démultipliées.
DES TEXTES ET DES SONS EN MOUVEMENT
Des fragments de Ginsberg, de Joyce, des matériaux issus de l’univers de Joris Lacoste et des écritures instantanées se rencontrent sans obligation de récit linéaire. Les textes deviennent des réservoirs de rythmes, de timbres, de sens et de pensées : une phrase peut être murmurée, scandée, déformée, interrompue, reprise en chanson ou confrontée à une matière bruitiste. Voix parlées et chantées, souffles, percussions d’objets, instruments détournés, guitare électrique, traitements électroniques et bruits du plateau composent une matière sonore poreuse. La musique peut surgir d’un déplacement, d’une collision ou d’un geste minuscule. Chanson, improvisation, textures électroacoustiques et poésie sonore nouent des alliances provisoires, faisant entendre les contradictions, les surprises et les écarts qui les traversent.
UN ESPACE À PARCOURIR DU REGARD
Lumière, vidéo et spatialisation sonore défont la frontalité habituelle du spectacle. L’immersion peut naître d’un détail au sol, d’une lueur au plafond, d’une voix derrière soi ou d’une image qui échappe au regard central. Le spectateur compose son propre parcours d’attention, sans qu’un point de vue unique lui soit imposé. Films, found footage, échos de Clouzot, Griffith ou Godard, images issues de l’IA générative et matériaux visuels recomposés entrent en dialogue avec les présences réelles. Loin de décorer le plateau, ces images le déplacent et le fragmentent, interrogeant la mémoire du cinéma et notre confiance dans ce que nous voyons.
UN MANIFESTE POUR FAIRE ENSEMBLE
Études pour corps et désaccords revendique une écriture de plateau partagée, où les frontières entre auteur, compositeur, interprète et metteur en scène deviennent perméables. Une proposition musicale peut déplacer la dramaturgie, une intuition d’acteur réorganiser la lumière, une image provoquer une nouvelle partition.
Le spectacle cherche une générosité sans consensus : une expérience commune où coexistent l’étrangeté, l’humour, la poésie, la chanson et les expérimentations les plus radicales. Non pas représenter l’accord, mais éprouver ensemble la joie de ne pas penser, entendre ou voir tout à fait de la même façon.
Agenda
14.10.2026 | Représentation à La Muse en Circuit, Alfortville
Distribution & Mentions légales
Distribution
Roland Auzet — compositeur, percussionniste et metteur en scène
Daphné Biiga Nwanak — théâtre, chorégraphie et travail des images
Julien Desprez — guitare électrique, geste et lumière
Wilfried Wendling — électronique, poésie, images et dispositifs immersifs
Mentions
Production : La Muse en Circuit – CNCM
Avec le soutien de la SPEDIDAM
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